AH ! LE SON !

Le son est une matière complexe. Sa gestion et sa transmission dépendent de nombreux facteurs qu'il est bon de connaitre avant de tourner les boutons. Il y a les facteurs acoustique, matériel, technique et humain. 

L'INGENIEUR DU SON OU LE TECHNICIEN SON

Le titre "ingénieur du son" fait référence à une qualification, un diplôme reconnu. C’est pourquoi nous parlerons dans le contexte de nos églises de "technicien son", parce que souvent ce service est exercé sans diplôme ni qualification reconnus officiellement. Nous avons appris "sur le tas" comme l’on dit. C’est pourquoi il faut chercher à se former et si la possibilité en est donnée, obtenir des qualifications reconnues. Un technicien travaille au sein d’une équipe technique. Il a la responsabilité de capter, de gérer et de diffuser un message sonore dans divers lieux à l'acoustique parfois difficile avec du matériel spécifique de sonorisation en faveur du public et des artistes sur scène et ceci dans le plus grand confort auditif de tous. Ce sujet très important fera l'objet d'un prochain article spécifique. Le technicien son exerce un service qui n’est pas toujours bien compris dans l'église. Il fait souvent l’objet de critiques. Les techniciens ont tendance à attribuer la mauvaise qualité du son à celle du matériel et à un manque de budget, ce qui peut parfois être le cas. Mais la plupart du temps, c’est un manque de connaissance du son, de l’acoustique ainsi qu'un manque de formation de ceux qui sont à la console qui ont pour conséquence une mauvaise utilisation de la technique et du matériel. D’où l'importance d'être formé ! C'est ce que vous propose chaque été le DM2A au travers du START (stage artistique).

QUEL MATERIEL CHOISIR ?

Il ne s'agit pas d'avoir telle ou telle marque de table de mixage, d'enceinte ou de micro pour que ce soit une réussite ! 
J'ai vu des marques de matériel installé dans des églises, qui sont des Rolls-Royce dans le domaine de la sonorisation mais malheureusement il n'y avait rien de bon dans le rendu. Et la faute n'était pas dans la qualité du matériel, mais dans la mise en oeuvre, l’installation, la méconnaissance du sujet, ou encore les problèmes d'acoustique. Et inversement, j'ai vu du matériel ou des lieux qui n'avaient rien d'exceptionnel, mais par une bonne maîtrise avait un excellent rendu !


TECHNIQUE

Quand vous investissez dans du matériel, vous devez vous poser les bonnes questions : Quel matériel ? 
Pour quelle utilisation ? 
Prière, louange, concert, musique d’ambiance ? 

Il faut bien comprendre que l'on n'utilise pas le même matériel selon l'usage et que souvent dans nos églises l'utilisation est variée. Il faut donc opter pour du matériel de bonne facture ! Et je ne parle pas ici du chiffre inscrit au bas de la feuille du même nom ! Mais il y aura incidence ! A savoir que les vendeurs de matériel seront toujours prêts à vous vendre plus que ce dont vous avez besoin, voulant eux, faire du chiffre ! 

Il faut de la cohérence sur toute la chaîne audio. Car si vous avez le nec plus ultra en table de mixage mais que vos micros, vos câbles ou encore vos enceintes sont mauvaises ou vice versa, vous êtes perdants ! 

Quel matériel pour quel lieu ? 
Dimensions, dispositions, capacité d’accueil de personnes ? 

Et oui il y a une différence de mise en oeuvre et de moyens matériel et technique entre 100 et 500 personnes, entre une salle en longueur ou en largeur ! 

Qui ai-je sur scène, qu'ai-je besoin de sonoriser ? 
Un prédicateur, un piano, une guitare, un groupe, une chorale, un orchestre philharmonique ? 

Vous comprendrez aisément que là aussi les besoins sont spécifiques et qu'il vaut mieux savoir ce que l'on veut sinon les erreurs de casting pourront être tragiques.

ACOUSTIQUE DES LIEUX

Dans nos lieux de culte c'est souvent la dernière chose à laquelle on pense ! Les architectes en premier ne considèrent pas toujours ce sujet comme primordial ! Mais les choses changent ! 

L'acoustique des lieux est complexe et parfois difficile à appréhender, c'est un métier ! Les études acoustiques sont souvent onéreuses ! Cela nécessite de voir les lieux, de faire des tests et d'étudier les contraintes sur place. Mais il y a parfois des choses simples à mettre en oeuvre sans beaucoup de frais et qui apportent un réel confort d'écoute. 

Il y a l'acoustique du lieu en lui-même mais il y a aussi les nuisances sonores avec les émergences de son dans le voisinage. Là, il faut être vigilent car cela peut vite prendre des dimensions judiciaires ! Nos lieux de culte sont soumis à la loi décret bruit du 15 décembre 1998. 

Ce n'est pas la place pour approfondir ces vastes sujets, mais si j'ai suscité de l’intérêt ou commencé d'apporter un début de réponse, je m'en réjouis ! Et je suis à votre écoute pour toute question.

Sylvain GASTINEAU

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